La vraie douleur, suite


 
6 mois. 6 mois s'étaient écoulés depuis cet affreux incident. Bien plus qu'un incident, c'était une catastrophe... Une vraie catastrophe. Elle avait changé ma vie du tout au tout. Depuis, je me haïssais. Tout était de ma faute. Si seulement... Si seulement j'avais été le rejoindre au salon, le soir même... Mais non. Il avait fallut que je boude. Que je reste là, dos à la porte, en rogne contre Kyoya qui n'avait rien fait. Sérieusement, je me détestais.
Depuis, tout avait radicalement changé. A l'école, je n'arrivais plus à suivre. Mes notes chutaient... Mais je n'en avais rien à faire. Je voulais Kyoya. Qu'il revienne, qu'on se dispute à nouveau en faisant la course... Mais non. J'avais beau attendre, la place au fond de la salle près de la fenêtre restait toujours déserte. J'étais anéanti.
En dehors des cours, je me rendais en forêt. C'était le seul endroit où je me sentais étrangement bien. Les sapins sauvages qui se dandinaient au moindre coup de vent me faisaient penser à ses cheveux que je n'ai jamais vus lisses. Toujours hérissés, renforçant son aspect rebelle. Lorsque le ciel était bien dégagé et bien bleu, le lac reflétait cette couleur, cela me rappelais les magnifiques prunelles azures de mon ancien colocataire. Je souris tristement, versant une larme dans l'étendu d'eau. Il me manquant tellement... Je ressentais un vide, à présent. J'avais l'étrange sensation d'être détruit, intérieurement.
6 mois qui étaient pour moi une éternité. 6 longs mois... Cela faisait 6 longs mois que je n'arrivais plus à sourire comme avant.
 
[6 mois auparavant...]

« Va-t'en. T'es pas rentré à l'heure. »

Je prononçais ces paroles froidement, sans même me retourner vers lui. Il mit pas mal de temps à sortir, pour une raison que j'ignorais. Il poussait délicatement la porte puis je l'entendis se rendre en salle de bain. Je soupirais, agacé. Il m'avait PROMIS. On devait regarder Iron-Man ! Et ben, non. Monsieur rentre à minuit passé sans même penser à moi qui l'avais attendu ! Pff. Mais bizarrement, je n'arrivais pas à lui en vouloir complètement. Je dû me retenir d'aller le voir, pour paraître crédible dans ma colère. Mais quelque chose ne tournait pas rond. Ecartant ce doute de mon esprit, je me glissais sous les couvertures puis je finis par m'endormir peu de temps après. Demain... Parc d'attraction avec Gingka !!

« Driiiiiing !... Driiiiiing ! »

Balançant sauvagement mon réveil par terre d'un coup sec de poignet, je me maudissais d'avoir oublié de l'éteindre, me privant donc de quelques heures de sommeil supplémentaires. Mais maintenant que j'étais réveillé, j'allais donc me lever. Difficilement mais sûrement, poussé par mon estomac qui criait famine. Je m'étirais puis me dirigeais vers la porte de ma chambre en trottinant joyeusement.

« Hein ? »

Qu'est-ce que c'était que ça ?? Du rouge, sur la clenche de la porte... Je portais ma main tachée à mes narines, désireux d'en savoir plus sur la nature de ce liquide.
L'odeur de ce dernier était assez particulière. Je n'arrivais pas à distinguer ce que cela pouvait être. Haussant les épaules, je me rendis en cuisine sans même passer par le salon. Je ne comptais pas saluer Kyoya ce matin, il n'avait qu'à venir, lui !! Marre de toujours faire le premier pas.

Un bon petit déjeuner : tartines de Nutella !! J'en enfournais une à l'intérieur de ma bouche en constatant que j'avais une fois de plus finis le pot. Nouveau record : un bocal de 500 grammes en moins de deux semaines !! Je me levais en effectuant quelques pas de danse, fier de ma performance. Je me rendis ensuite jusqu'à la poubelle où je me débarrassais de mon si beau trophée, lui soufflant un dernier au revoir en me remémorant tous les moments que nous avions passés ensemble. Mon cher Nutella... Que je t'aime.

Ensuite, direction le salon pour aller regarder la télé. Je savais que Kyoya s'y trouvait. Mon plan d'attaque était donc déjà établi : j'allais m'assoir confortablement dans le canapé sans lui accorder la moindre attention pour regarder mes dessins animés du matin, ne cessant d'augmenter le volume.

« Hi, hi » Fis-je à moi-même

Un jus de fruit bien frais en main, je me rendis dans la pièce d'à côté, un sourire malicieux aux lèvres. Mais alors que j'allais poser mes fesses sur le sofa, ma vie s'arrêtait, se stoppait net. Comme le verre de jus d'orange qui venait de s'éclater contre le sol, ma vie vola en éclats. Kyoya se tenait là, par terre, étendu de tout son long, ne donnant plus aucun signe de vie, totalement couvert de... Sang. Je m'écroulais, horrifié, la bouche et les yeux grands ouverts. Est-ce que... N'était-ce pas tout simplement un cauchemar ?! Cette vision de mon colocataire qui baignait tranquillement dans son sang désormais coagulé, le corps mutilé par je ne sais quoi ne pouvait pas être réelle, ceci n'existait qu'uniquement dans les films d'horreur américains. Mais je... Je... Non. Si. Si, c'était la vérité. Les larmes me montaient aux yeux alors que je continuais d'observer son corps devenu... Horrible !! Atroce ! Complètement... Immonde !! Mon c½ur se mit à battre vite. Pour le moment, plus qu'abasourdit par ce que je voyais, je ne parvenais pas à prononcer le moindre mot, comme bloqué par la surprise mais aussi par de l'effroi. C'est lorsque que j'aperçu dans sa main teintée de rouge délicatement déposé sur son ventre une boite de médicaments à peine entamer que je me mis à enfin pousser un cri. Kyoya... Avait-il essayé de se tuer ?! Mais... Pourquoi était-il dans cet état là, alors ?! S'était-il blessé tout seul ?!? Kyoya !!!

« NOOOOOOOON !! NOOOOOOOOOOON !!! »

J'étais désormais passé du dégoût à de la peine, à de la tristesse mélangé à de la résignation. Je m'en voulais de n'avoir pas découvert l'aspect de Kyoya plus rapidement. Je peinais à y croire... J'étais dans la confusion totale. J'hurlais alors à m'en déchirer les cordes vocales. Mon corps tremblait sans que je sache pourquoi. Kyoya... Mon Kyoya !! Sans trop de délicatesse, ne souhaitant que le sentir contre moi, je le pris dans mes bras, le serrant le plus fort que je le pouvais. Les larmes dégoulinaient à toute vitesse le long de mes joues alors que j'avais dû mal à articuler mes cris.

« K-K-K... KYOYAAAAAA !!! »

Je mis sa tête sur mon épaule pour essayer de percevoir un quelconque souffle ou autre chose qui signifierait que mon camarade n'était pas mort. Il ne pouvait pas... Non, pas lui !!! TOUT SAUF LUI !!!

Au bout de cinq minutes, un homme –habitant l'appartement juste devant nous, sûrement alerté par mes cris- pénétrait dans l'appartement, totalement affolé. Lorsqu'il vit l'état de Kyoya, il se figeait instantanément, comme pétrifié. Il stagnait comme ça quelques secondes avant de reprendre son calme et tapait le numéro du SAMU sur son téléphone, malgré mes protestations.

Je fus contraint de lâcher dès leur arrivé mon pauvre blessé pour le confier à ces hommes en fluo, sans c½urs, qui ne laissaient même pas une larme s'échapper de leurs yeux cruels en voyant l'apparence de Kyoya. J'hurlais, je les implorais de me le laisser, me débattant tant bien que mal du secouriste musclé qui m'immobilisait, soit disant « pour le bien de mon ami ». Je ne pouvais pas rester calme. C'était impossible !!! Tellement... Affreux !! Il n'y a pas de mot pour décrire ceci... C'était l'enfer. Je voulais... Je voulais Kyoya. J'avais peur que ces abrutit me l'enlève. On ne m'accordait aucune attention. Comme si j'étais devenu muet, pas la moindre personne présentes ne m'écoutaient, ne désiraient exaucer mon souhait. On me répétait simplement de me calmer. Encore et encore. J'en avais marre. J'avais l'impression de devenir fou. Je criais de plus belle, fou de rage. On ne voulait pas me le rendre !

« RENDEZ-LE-MOI !!! »

Le pire dans tout ça, c'est que je ne voyais pas ce qu'ils étaient en train de lui faire. Un homme s'était placé juste devant moi. Sans que je me rende compte, une aiguille avait traversé ma peau, m'administrant un liquide dont je ne connaissais la contenance . Je voulus répliquer mais ma vision se floutait instantanément. Je posais mes yeux voilés par un étrange brouillard sur mon membre, voyant une seringue qui s'y était planté. Sales traitres... Je vous hais. La dernière vision que j'eus avant de m'endormir, c'est celle de tous les secouristes qui se levaient, déposant Kyoya dans une sorte de lit pour le transporter dans le camion plus tard, sûrement.

J'ouvris les yeux doucement, éblouit par une lumière aveuglante. J'attendais un peu que mes yeux se soient habitués à la luminosité du lieu, et une fois qu'ils furent totalement immunisés face à l'éclairage, je les ouvris en grand. Je tournais ensuite la tête de gauche à droite, lentement, pour identifier l'endroit dans lequel je me trouvais. J'étais dans une salle toute blanche que je conclus être la chambre d'un hôpital étant donné les matériaux de médecine et des perfusions sur les bras des autres patients présents ainsi que l'horrible odeur de mort qui planait dans l'air. J'étais allongé sur un matelas dur et un horrible mal de tête me torturait le crâne. Qu'est-ce que je faisais ici ?? ... Je me redressais d'un bond lorsque Kyoya me revenait à l'esprit. Allait-il bien ?! Il fallait que je me lève... Il fallait que je le voie. A tout prix. Je m'assis sur le rebord du lit avec difficulté, sans que je comprenne pourquoi rien que le fait de pivoter sur moi-même était un si gros effort pour mes muscles, étrangement endoloris. Mes mains agrippèrent le côté du matelas pour me propulser à terre, sur mes jambes. Mais je chutais. Mes membres étaient comme endormi. A présent sur le sol, quelques larmes vinrent voiler ma vision. Je me sentais nul, entouré de personnes âgés toutes, ou presque, endormi par leur dose d'antidouleur que leur transmettais leur poche pleines de morphine. Je serrais les dents courageusement. Je m'agrippais par une barre de perfusion qui se trouvait à côté de mon chevet et je réussi à me hisser debout grâce à cette dernière. Fier de moi et à présent débordant de courage et de motivation, je partis à la recherche de Kyoya.

Epuisé. Exténué. Jamais je n'aurais cru que prendre un ascenseur aurait été aussi fatiguant. Je détestais tout le monde. Je les répugnais. Cette saleté d'hôtesse d'accueil... Elle avait appelé une dame pour me refaire monté dans cette maudite chambre. L'infirmière qui me raccompagnait n'était pas de super humeur. Elle me grondait alors que je peinais à marcher et ne me donnais pas le moindre coup de main pour me maintenir debout. Elle me confia ensuite à une de ses collègues, beaucoup plus agréable, qui m'expliquait ce qui m'était arrivé. Je me serais trop énervé et donc, les mecs du SAMU m'aurait administré une dose de calmant trop puissante pour moi... Ce qui expliquait pourquoi mes muscles avaient du mal à répondre à mes attentes et mon mal de crâne.

« Et... Il est où, Kyoya ?? » Lui demandais-je plein d'espoir, priant pour qu'il m'attende tout simplement à la maison. Ou qu'il vienne me chercher. Mais je savais que cela était impossible.

Les mots qu'elle avait répondit par la suite avec tant de compassion résonnèrent dans mon esprit. Coma. Coma. Coma... Kyoya était... Dans le coma. A cause des pilules qu'il avait prises, un truc comme ça... J'avoue ne pas avoir été très concentré sur ce qu'elle me racontait ensuite. Mais en tout cas... Mon Kyoya ne pouvait plus m'entendre, ni me voir. Mais, dieu merci, il était encore en vie.

Après une demi-journée où je suis resté dans l'inconfortable lit d'hôpital à ne faire que de penser à mon prince endormi, je pus enfin sortir. La soignante m'avait gentiment proposé de passer le lendemain pour que je puisse le voir, s'il avait pu être soigné avant. Bien entendu, j'avais accepté. Mais j'étais totalement déprimé. Je ne savais pas où me rendre... Parce que je ne désirerais rentrer à l'appart' pour rien au monde. En plus, je ne savais pas si les hommes du SAMU avaient nettoyés ou pas... Mais je me doutais bien que non. L'urgence était trop importante.

La forêt. Ce lieu si apaisant... C'est ici que je m'étais rendu. Allongé dans l'herbe, les yeux rivés sur le beau ciel bleu dégagé... Je tentais de cesser de penser à Kyoya. Mais mes larmes n'étaient pas de cet avis et venaient m'embêter à chaque fois. Non. Je n'y arrivais pas. J'avais beau essayer... Kyoya restait toujours dans ma tête. Toujours présent dans mes pensées. Je ressentais un énorme manque. Un manque ? ... Je souriais tristement. Un manque... Qu'est-ce que j'étais idiot. Un manque. Nous n'avions jamais été TRES proche et voilà que le fait qu'il soit dans le coma me rendait malade. Un manque... Je pleurais de plus belle. J'avais l'impression que Kyoya était maudit. Il lui arrivait toujours des choses horribles... Tout le temps. Tout le temps à lui. Et jamais à moi... Pourquoi ceci ne m'était pas arrivé... ?

Mais, d'ailleurs... Que s'était-il passé ? Qu'était-il arrivé pour que Kyoya se retrouve blessé aussi gravement... Au point de vouloir mettre fins à ses jours en avalant des médicaments étranges ? J'ignorais tant de choses... Mais au fond, qu'est-ce que je savais réellement sur lui... ? Pas grand-chose, si ce n'était rien. Mais je ne perdais pas espoir... Kyoya était toujours en vie. Il... Il faisait juste un long dodo. La femme m'avait dis que cela pourrais durer trois jours comme cela pouvait durer trois ans... J'espérais qu'il aurait de la chance, pour une fois. Et qu'il n'avait pas trop mal...

Le soleil se couchait doucement. C'était magnifique. Voir cet astre solaire disparaître pour laisser place à la lune... J'appréciais beaucoup cette vision. Je souriais. La nature m'avait redonné un peu de joie de vivre. Merci...
Un frisson me parcourut le corps tout entier alors que l'obsurité commençait à englober tout le parc. Un mauvais pressentiment... Une présence malsaine. Je me redressais rapidement, regardant tout autour de moi d'un regard méfiant.

« Qui est là ? » Demandais-je d'un air glacial et autoritaire, comme pour intimidé le quelconque individu qui me donnait froid dans le dos mais que je ne distinguais pas encore. Peut-être devenais-je fou ??
 
Pas de réponse. Mais je n'avais pas la certitude qu'il n'y avait personne. Je sentais quelqu'un, quelque chose... Alors je restais sur mes gardes, attendant qu'un quelconque son se produise pour pouvoir attaquer. Quand tout à coup...
 
« ... Bouh ! » Fis une voix juste à côté de mon oreille, semblable à celle d'une sorcière.
 
Je sursautais, me retournant d'un coup, les poings en avant. L'individu se mit à pousser un rire de psychopathe, encore pire que celui de mon colocataire lorsqu'il était déchaîné.
 
Je le reconnu immédiatement. C'était le garçon le plus flippant que je connaissais. On racontait à l'école que, d'un simple regard, il pouvait vous lancer une terrible malédiction. Par pur reflex, je fermais les yeux, me protégeant le visage avec mes mains. Il m'avait toujours fait très peur. Il dégageait quelque chose d'étrange... Que je ne saurais expliquer. Il était terrifiant.
 
Lorsque son hilarité pris fin, je le sentis déposer sa main sur ma tête pour une raison que j'ignorais. J'écartais mes doigts et rouvris mes paupières. Depuis le temps, je plaignais Reiji. Toujours courbé anormalement, sans que l'on sache pourquoi, son dos devait lui faire un mal de chien.
 
« Alors petit, que fais-tu dans cet endroit à une pareil ? »
 
Le ton de la voix qu'il prenait était terrifiant. Ce gars là devait être fou... J'avais juste envie de m'enfuir. Mais la colère que je ressentais pris le dessus face à ma peur. D'un coup sec, je me débattais de son emprise puis le regarda avec un air haineux. Qu'est-ce qu'il croyait celui là ?! Que j'allais me laisser toucher de la sorte ?! Son sourire s'étirait jusqu'à ses oreilles. On aurait dit... Un véritable personnage de film d'horreur. Je n'avais encore jamais vu ça, mais je ne fléchirais pas. Je maintiendrais mon regard. A présent, j'étais seul. Kyoya n'était plus là pour moi, plus là pour me venir en aide. Je voulais me prouver que j'étais tout sauf faible ! En temps normal, j'aurais pris les jambes à mon coup et j'aurais détalé jusqu'à l'appartement, comme un lâche. Mais là, pas question de reculer. J'étais fort !! Je n'avais besoin de personne !!
 
« Hum... Monsieur fait son dur, hein ? »
 
Au moment où j'allais ouvrir la bouche pour protester, une voix s'élevait plus loin.
 
« Hey putain, Reiji ! Bouge-toi l'cul ! S'écriais cette dernière à mon interlocuteur, visiblement agacé.
-Patience Damian... Patience... Je viens de mettre la main sur un petit mulot tout apeuré. Tu te rends compte ? A cette heure-ci, alors qu'on ne voit bientôt plus rien... Répondit Reiji en esclaffant de nouveau, me désignant de son doigt crochu.
- Ah ouais ? »
 
Je regardais l'individu s'approcher avec des pas rapides, curieux de la découverte de Reiji. Un mulot, hein ? Il arriva au niveau de l'homme-serpent puis m'analysa de haut en bas, un sourire cruel sur ses lèvres, comme s'il comptait m'assassiner.
 
« Tien tien, voyez-vous ça ! » Réagit le nouveau venu, un pointe d'arrogance dans la voix.
 
Mon manque de réaction me surprenait. Pourquoi je restais planté là, pourquoi n'avais-je pas le caractère bagarreur et courageux de Kyoya, toujours près à attaquer ? Il fallait que je me ressaisisse. Il fallait que je prenne le contrôle de moi-même, de mon corps, que j'ose lui coller une raclée. Pris par une poussé d'adrénaline, je m'élançais vers Reiji pour le saisir par le col, le menaçant de mon poing fermé, près à attaquer. Reiji poussa un petit cri d'étonnement mais ne semblait pas apeurer apparemment, vu le rire qu'il poussa une nouvelle fois, par la suite... Je resserrais un peu plus mon emprise sur son col pour l'impressionner. Mais malheureusement... Rien. Pas la moindre réaction. Il continuait tout simplement de se moquer de moi, me dévisageant avec ses prunelles jaunes, yeux de vipères. J'étais comme immobilisé, incapable de laisser partir mon coup. Reiji s'exclamait :
 
« Ben alors, petite souris ? Aurais-tu... peur ?? »
 
Son camarade rejoignait le rire de Reiji, dans le même genre : cruel et malsain. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Pourquoi se moquaient-ils de moi de la sorte ? Et pourquoi ne pouvais-je plus faire le moindre geste ? Je posais mes yeux sur Damian, surpris de sa réaction, mais je n'eus pas le temps de lui demander pourquoi tant d'hilarité que me voilà plié en deux, les mains plaqués contre mon estomac. Reiji avait profité de ce laps de temps pour m'asséner un coup sec entre les côtes, en plein dans l'abdomen. Il n'y était pas allé de main morte. La mâchoire crispé, je relevais lentement la tête vers lui, fou de rage. Ce mec... Il savait où taper pour faire mal, malgré le fait qu'il n'est pas l'air très robuste. Il était malin...
Comme si je n'avais pas assez de soucis comme ça, une nouvelle voix intervenait dans mon dos.
 
« Hey ! J'peux savoir c'que vous foutez ?! » S'écriais cette dernière.
 
Je me retournais immédiatement, curieux de savoir à qui cette dernière appartenait. Il se dirigeait vers nous fièrement. Les traits de son visage étaient tirés exactement de la même façon que les deux autres : les sourcils froncés, renforçant le sentiment de dangerosité qu'on pouvait ressentir en les voyants, effrayés par tant d'assurance. Ses lèvres se fendaient en un rictus inhumain qui n'affichait rien de bon en lui. On aurait dit un véritable démon. Cette « personne », c'était... Ryuga. La personne qu'il fallait craindre le plus au monde, encore plus que Reiji. Mon instinct m'hurlait de m'en aller vite, mais je n'étais pas de cette avis. J'allais rester. J'étais fort.
 
En me redressant, ignorant la douleur provoquée par le coup porté précédemment, je m'avançais vers lui qui arrivait désormais à mon niveau. La tête haute, je lui fis les gros yeux, comme pour l'intimidé. Ce fut un duel de regard qui s'en suivit. Nous nous défions tous les deux, attendant que l'un de nous deux ne baisse les yeux le premier. Aussi étrange que cela puisse paraître, il y avait quelque chose de spécial dans ses prunelles jaunes, une sorte de lueur maléfique et terrifiante qui me contraignait à abandonner le duel au bout de quelques longues secondes. Les yeux bas, je pu entendre Ryuga pousser une petite exclamation de réjouissance. Je n'aimais pas ce type. Les larmes me montaient aux yeux. J'avais l'impression d'être à bout, que tout était contre moi. D'abord Kyoya et ensuite eux... Mais peut-être que ces événements se sont déroulés pour que je me ressaisisse. Oui. Pour que je devienne fort... Et indépendant !! Mal gré tout, j'en étais incapable pour le moment. Les larmes coulèrent le long de mes joues sans que je puisse les arrêter. Voyant ma mine triste, Ryuga s'exclamait en souriant avec cruauté :
 
« Les gars, partez devant. »
 
Ils obéissaient. Je crois que personne ne pouvait ne pas suivre ses ordres. Il avait une trop grande influence. J'étais à présent seul avec Ryuga. En face de moi, il se contentait simplement de m'observer, souriant encore. Je relevais la tête et fronçais mes sourcils en essuyant rapidement mes larmes. Je m'assis, dos à Ryuga, espérant qu'il s'en aille.
 
« Bah alors, pourquoi tu chiales, mon chou ? Tu as oublié ta tétine chez ta petite maaaaman Kyoya ? » S'exclamait-il, employant volontairement un ton exagéré pour se moquer de moi.
 
Je me retournais brutalement vers lui instantanément. J'avais une irrésistible envie de lui ôter ce putain sourire de sa sale gueule. Dans la foulée, me voilà debout, animé par la haine qui avait pris le dessus face à la peur que je pouvais ressentir à l'égard de Ryuga. Je ne supportais pas qu'on s'en prenne à Kyoya, encore plus dans la situation dans laquelle il se trouvait actuellement : endormi. Les yeux désormais séchés, je me postais devant lui, puis lui demandais avec arrogance avec un coup sec de tête en arrière :
 
« T'as dis quoi là ? »
 
Il sourit de plus belle, visiblement pas impressionné. Comme précédemment. J'allais donc être ridiculisé une nouvelle fois ? ... Pas question. Kyoya me revint à l'esprit. Je le voyais tout à fait dans cette situation, craquant ses poings, face à un Ryuga pas aussi confiant qu'il l'était à présent. Et... Boom ! Triompher. Kyoya était le plus fort du monde.

« Tu crois que tu me fais peur, hein ? » Il marqua une pause pour reprendre un air sérieux, mais toujours en colère « Barre-toi. Va retrouver ton putain de Kyoya de merde. »

Il se mit en route pour rejoindre ses camarades, mais au moment de s'engouffrer dans la forêt, il s'exclama :
 
« Ne fais pas mine d'être fort. Tu es juste pitoyable. »
 
Il reprit sa route, me laissant seul dans le noir avec toute ma peine. Je serrais les dents, ravalant mes larmes. Je me sentais horriblement pathétique.
 
[1 mois plus tard après que Kyoya soit tombé dans le coma...]

Même si cela était dur, je m'efforçais de retrouver une vie normale. Après tout... Kyoya s'était déjà absenter plusieurs semaines sans pour autant que me manquer. C'est ce que je me disais : il était partit un petit bout de temps, puis sans que je m'y attende il franchira la porte d'entrée et ira s'installer tranquillement dans le canapé, en pestant que je mets le son de la télé trop fort. Oui, c'était comme ça que tout allait se passer, que tout allait être rétablit.
 
D'ailleurs, personne n'était au courant de la situation actuelle de Kyoya, excepté mon meilleur ami : King. Tout les autres, je leur avais affirmé qu'il était partit rendre visite à son oncle et à sa tata, dans le sud, pour une durée indéterminée. J'ignorais tout de la famille que pouvait avoir Kyoya et de ses rapports avec eux, mais je savais que Nile et Hyoma ne pouvaient pas le savoir pas non plus. Ces deux là, c'était des véritables pots de colle. Ils étaient constamment en train de suivre Kyoya ou de le harceler. Je ne les aimais vraiment pas. En particulier Nile. Car c'est le seul des deux que Kyoya appréciais... Plus ou moins. Ce n'est pas que j'étais jaloux, mais bon... Ca m'agaçait. Si je leur aurais révélé que Kyoya était dans le coma, ils auraient skouater à l'hôpital tout le temps. Mais j'avoue que j'étais un peu inquiet... J'avais l'impression que Nile se doutait de quelque chose. Nile... Je le haïssais au plus haut point, et encore plus haut.
 
Après avoir petit déjeuné sans faim, je me rendis dans ma chambre pour enfiler mes vêtements rapidement et foncer en cours. Depuis que Kyoya n'était plus là, je minimisais au maximum ma présence à la maison. J'avais caché dans la grande armoire de vêtements tout ce qui me rappelait mon colocataire pour essayer de penser le moins possible à lui. J'empruntais même un itinéraire différent pour aller au lycée, pour tenter d'oublier toutes les courses que nous avions faites sur ce trajet. Ouais... En fait, j'avais tout changé à ma vie, à mes habitudes. J'avais énormément de mal à être le vrai moi. Au lycée, je me forçais à sourire et à rire aux blagues (qui m'amusaient tant auparavant) de Gingka. Je n'étais plus moi-même. Je me sentais horriblement seul, même quand j'étais avec mes amis... Il n'y avait que King qui avait remarqué que j'avais changé, sûrement parce que je lui avais dis pour Kyoya. Il avait dû faire plus attention. Mais pourtant, je ne lui avais rien dis de comment je me sentais actuellement. Je me contentais de lui afficher un faux sourire pour cacher toute ma tristesse. J'avais l'impression d'être démoli.
 
La journée fut particulièrement longue. Vautré sur ma chaise usé par les tags des autres élèves, je me rendais compte à quel point ma vie avait perdu toute saveur. J'avais... Changé. Quelque chose en moi s'était modifié. Je n'aimais pas ça. Et dire que ça ne faisait que 28 jours...
 
La seule chose qui me remontait un peu le morale, c'était que pratiquement tous les soirs, je rendais visite à Kyoya. Les hôpitaux, qu'est-ce que je pouvais haire ces derniers... Ils me faisaient tous penser à l'un de mes amis d'enfance qui a dû y séjourner longtemps, auparavant. Toby... mais aujourd'hui, ses jours n'étaient plus en danger, heureusement.
 
Ce qui m'avait étonné, c'était que les traits du visage de mon ange endormi étaient anormalement agressifs, comme s'il luttait contre quelque chose. Kyoya... Il me faisait tellement de peine. Généralement, je prenais une chaise pour m'assoir à ses côtés. Puis je glissais sa main glacée dans la mienne, chaude, que je serrais parfois, tentant de contenir mes pleurs en voulant le réchauffer en passage... Et je lui racontais ma vie. Ce qu'il s'était passé dans la journée... Des banalités de mon quotidien, quelques blagues... Et avant de m'en aller pour retourner passer une nouvelle nuit à la maison, seul, j'écartais quelques mèches de son front pour lui déposer délicatement un baiser. Si froid... Si sa faible respiration n'aurais pas été présente, on aurait pu croire qu'il était mort, tant il était pâle et gelé.
 
Le soir arriva. Je rentrais à la maison, traînant des pieds. Les mains enfournées dans mes poches, j'avançais sans motivation, scrutant le ciel et ses nuages gris. Il allait probablement pleuvoir...

Tags : Masamumu - beyblade - Histoire - la vraie douleur - partie 2

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Comments :

  • Masamumu

    24/04/2015

    essa-abyss-toby-tendo wrote: "J'adore mettre des commentaires xd ^^ quand mon portable ne beug pas ><
    Mechant je veux pas qui meurt mmoi ><
    Oh faite tu peut voir mon blog maintenant?
    "

    Ouais j'avais remarqué :') merci en tout cas ça me fait plaisir :]
    MOUAHAA >:D héhé j'ai le destin de Kyoya entre mes mains !
    Ouais je vais y jeter un oeil ;)

  • essa-abyss-toby-tendo

    24/04/2015

    J'adore mettre des commentaires xd ^^ quand mon portable ne beug pas ><
    Mechant je veux pas qui meurt mmoi ><
    Oh faite tu peut voir mon blog maintenant?

  • Masamumu

    23/04/2015

    essa-abyss-toby-tendo wrote: "Ouinnnnn :'( c'est triste mais magnifique chapitre j'adore ♡
    Mais vite que Kyo se retabli je veux pas qu'il meurt moi ><
    "

    Oh merci :') j'aime les compliments comme ça :D
    :// On sait pas. Peut-être qu'il va mourir, peut-être pas..

  • essa-abyss-toby-tendo

    23/04/2015

    Ouinnnnn :'( c'est triste mais magnifique chapitre j'adore ♡
    Mais vite que Kyo se retabli je veux pas qu'il meurt moi ><

  • Masamumu

    19/01/2015

    Nalia wrote: "Bon kyoya est vivant, c'est déjà ça...
    Mais pour le reste, la situation ne s'améliore pas ! *Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot douleur ?!*
    Bon je lirai la dernière partie en revenant. Bis !
    "

    Ouais :)
    Ahah x)
    Ok merci beaucoup :)

  • Nalia

    19/01/2015

    Bon kyoya est vivant, c'est déjà ça...
    Mais pour le reste, la situation ne s'améliore pas ! *Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le mot douleur ?!*
    Bon je lirai la dernière partie en revenant. Bis !

  • Soji-et-mwa

    25/10/2014

    C'est super alors =)

  • Masamumu

    25/10/2014

    Soji-et-mwa wrote: "De rien ! :P s'il est bien écrit je ne peux qu'aimer"

    ahah, ça fais plaisir ;D :]

  • Soji-et-mwa

    25/10/2014

    De rien ! :P s'il est bien écrit je ne peux qu'aimer

  • Masamumu

    25/10/2014

    Soji-et-mwa wrote: "MA GNI FIQUE ! C'est le seul mot que j'ai trouvé"

    Ohhh, trop de compliment pour mon texte *-* >v< merci ça me fait plaisir :'D

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